Je sais que cette question semble, à priori, incongrue. Vous vous dites : il n'y a aucun rapport entre le blé et le réchauffement climatique. Moi même, je ne me serais même jamais posé la question, sauf que je suis tombée sur un article intitulé "La crise du blé, crise climatique" paru dans le quotidien La Tribune, mercredi 9 février 2011.

Je l'ai lu de bout en bout, et c'est passionnant. La journaliste, Aline Robert, spécialiste du service Marchés, y analyse finement comment la France qui produit 35 millions de tonnes de blé par an (soit 2,5 fois sa consommation nationale)  va "se retrouver au printemps avec des stocks réduits comme peau de chagrin". Selon les experts, il nous restera environ 2 millions de tonnes de blé vers la fin mars 2011.../>

Pourquoi un tel déficit de nos stocks de blé ? Parce que la majorité des stocks seront exportés hors de l'Union Européenne. Conséquence : les meuniers français vont être obligés d'importer du blé au prix fort (cette céréale est devenue une denrée rare dont les prix ne cessent de grimper) et du blé américain qui plus est !


A la fin de son article, la journaliste explique comment nous en sommes arrivés là...e vous livre l'extrait final :

La vraie cause de la crise du blé est la canicule sans précédent constatée en Russie, ainsi que le chaos climatique qui a suivi avec les inondations au Pakistan, en Australie, les épisodes de pluie et de sécheresse en Amérique du Sud. L'année 2010 a été la plus chaude jamais enregistrée, et a provoqué un effondrement brutal de la production agricole. (...) La crise du blé a donc tous les aspects de la première crise du réchauffement climatique. Plutôt que d'être utilisée contre la finance, elle pourrait fournir un bon argument politique pour remettre la question du climat sur le devant de la scène

Voilà qui est dit, et bien dit ! Pour lire  l'article dans son intégralité, il faut aller sur latribune.fr et taper "crise du blé" dans le moteur de recherche interne, mais c'est payant. Moi je l'ai lu dans le journal papier !