Dans notre série "Total et les marées noires", voici la nouvelle  pollution provoquée par le groupe pétrolier dans l'estuaire de la Loire, à Paimboeuf. C'est "grave" en raison de la fragilité du milieu naturel, a déclaré lundi 17 mars 2008, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, après son arrivée dans l'après-midi à Paimboeuf. Dans cette zone qui est la plus touchée par la pollution, face à la raffinerie du groupeTotal, le ministre a aussitôt nuancé ses propos en ajoutant : "ce n'est pas une grosse marée noire". Ouf, on respire... Si c'est une petite marée noire, tout va bien... Allez dire ça aux habitants de ce coin de Loire-Atlantique qui respirent désormais le doux parfum du pétrole et aux oiseaux, aux rochers, aux plantes qui sont là, de nouveau englués dans ce bourbier nauséabond et mortel ! Je suppose que les paroles de notre ministre de l'environnement : "ce n'est pas une grosse marée noire" s'adressaient aux responsables du groupe Total.
Après tout, comme M. Borloo l'a souligné, le groupe Total a présenté ses excuses, et en plus, le groupe va payer pour tout le nettoyage. Bref, Total est totalement confus et pas si mauvais pollueur-payeur que ça... Alors maintenant, les canards et les mouettes prennent une pelle et retournent nettoyer la plage vite fait ! 

Ah oui, j'oubliais, parmi les mécontents, il y a les associations de protection de la nature (LPO Loire-Atlantique, Bretagne Vivante-SEPNB et Loire Vivante) qui se rendent sur place cet aprem pour constater les dégâts, et je vous livre un extrait de leurs communiqués.

La LPO  n'est pas contente du tout car l'association n'a pas été prévenue de cette marée noire ! Normal ! c'est quoi, un oiseau ?... Est-ce que ça vote un canard d'abord ?

 "Dans la soirée de dimanche à lundi, à la raffinerie de Donges, une rupture de 

canalisation a entraîné une nouvelle marée noire dans l’estuaire de la Loire.  

 

Près de 400 tonnes de fioul lourd se sont ainsi déversées au cœur de cet espace 

naturel sensible, fréquenté à cette époque par de nombreux oiseaux (bécasseaux, 

pluviers, avocettes, tadornes, barges, anatidés…) 

 

Comme en janvier 2006, lorsque deux butaniers étaient entrés en collision, l’estuaire 

de la Loire doit donc de nouveau faire face à ce qui pourrait bien être une nouvelle 

catastrophe écologique."

"C’est par voie de presse que  la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) a été informée, hier (lundi 17) après-midi, de l’existence d’une marée noire dans l’estuaire de la  Loire, repérée pourtant depuis la veille. Les autorités ont fait le  choix de ne pas informer les associations, et en particulier la LPO.  

Pourtant, notre association  participe au dispositif marée noire en tant que spécialiste de la faune  sauvage et a, depuis longtemps, démontré ses compétences en matière de  nettoyage des côtes souillées et de soins aux oiseaux  mazoutés.

La LPO déplore ce silence  volontaire des autorités et souhaite ne pas être informée seulement pour  venir participer aux opérations de nettoyage.

Hier soir (lundi 17 mars), une vingtaine de kilomètres de côte était souillée et le mazout atteignait 40 centimètres d’épaisseur sur certaines berges. La totalité de la vasière de  Paimboeuf était recouverte par l'eau et par le fioul. A la Pointe  de l'Imperlay et au sud de l'ile Saint-Nicolas, on décomptait déjà 31  bécasseaux variables, 7 pluviers argentés, 19 avocettes, 3  tadornes et 2 barges rousses mazoutés.


Ce sont les oiseaux des  vasières qui sont les plus concernés, ainsi que ceux des roselières et  du Banc Bilho, qui sert de reposoir à marée haute pour des dizaines de  milliers d’oiseaux (avocettes, bécasseaux, pluviers, cormorans, tadornes  et canards de surface).

Des bénévoles de la LPO et  des membres de l’ONCFS procèdent  depuis 10 heures, ce  matin (mardi 18 mars), et jusqu’à 14 heures, à marée montante, à un décompte  des oiseaux touchés.