
A propos du suivi
de la migration des oiseaux, voici une petite news toute fraîche de
notre envoyé
spécial, Christian Weiss, qui était sur le lac du Der-Chantecop ce
week-end. Il a pris cette belle photo d'envol des grues partant pour leur
voyage annuel, et rédigé ce texte plein d'infos naturalistes et pratiques...
Merci à lui !
"Les demoiselles grises du Der
Jusqu'à soixante mille grues cendrées séjournent en automne sur le
site du Lac du Der-Chantecoq, l'une de leurs étapes migratoires. Elles sont
également de passage au printemps, mais y séjournent moins longtemps. La
"demoiselle" grise, comme la nomment les habitants de la région, porte une robe
argentée, une étroite bavette noire qui se prolonge sur son cou blanc une et
une calotte écarlate sur la tête. Une queue de coq se gonfle chez les mâles
durant les parades printanières. Son envergure atteint 2,20 mètres. Bec et
pattes sont en prolongement horizontal. Leur cri leur a donné leur nom
"grrroûûû!". En groupe, elles assurent leur cohérence par ces cris ressemblant
à un concert de trompettes. Les grues cendrées nichent en Russie, en Pologne,
en Finlande, en Suède, en Norvège, en Finlande et en Allemagne d'avril-mai
jusqu'en septembre. Précédant les fronts froids d'origine polaire à partir du
mois de septembre, elles effectuent un périple migratoire de plus de 2400
kilomètres pour rejoindre leurs quartiers d'hiver en Tunisie, en Égypte,
mais également en Espagne (Estrémadure et Gallocanta) et au Maroc. Chemin
faisant, elles font halte sur l'île de Rügen en Allemagne où elles passent
quelques semaines, puis sur le lac Der Chantecoq en France avant de se laisser
porter par les thermiques vers les Pyrénées. Selon les ascendances,
elles volent
entre 1200 et 4000 mètres d'altitude mais il leur arrive de survoler à
basse altitude les zones boisées et humides. Les demoiselles grises sont
craintives : des guetteuses donnent l'alerte à toute la troupe si la distance
d'approche les inquiète. Évitez de les déranger de trop près, vous risquez
d'épuiser les réserves graisseuses qui leur permettent de poursuivre leur
migration. Une partie du site à proximité des îles est réservée aux oiseaux,
pour ne pas les déranger quand ils se posent pour passer la nuit : n'y pénétrez
sous aucun prétexte. Les grues cendrées sont protégées en France et en
Europe. Vous pouvez participer à leur préservation en vous joignant à
des activités de comptage et de surveillance ou suivre la présence des oiseaux
grâce à un répondeur - infos - oiseaux - qui vous donne également les
conditions météorologiques régionales.
Depuis 1994, une ancienne ferme champenoise a été aménagée pour recevoir les
naturalistes et les promeneurs. Espace oiseaux, poissons, expositions et
conférences natures sont présentés pour satisfaire toutes les curiosités. Elle
est à proximité de Giffaumont Champaubert et ouverte de 10 h à 18 h.
Maison de l'oiseau et
du poisson. 51290 Outines Tél. : 03 26 74 00 00
Une autre ferme a été acquise en 1991 par le Conservatoire du patrimoine
naturel de Champagne-Ardenne (en partenariat avec la L.P.O. pour les activités
scientifiques) avec 60 hectares de terres agricoles pour préserver les grues.
Des miradors permettent d'observer les grues paissant dans les champs d'octobre
à mars.
La Ferme aux grues
51290 St-Rémy-en-Bouzemont Tél. : 03 26 72 54 10
Leur cycle diurne consiste, au petit matin, à quitter leur dortoir
insulaire pour paître dans les champs et les prés dans un rayon de 15
kilomètres autour de celui-ci. En fin d'après midi, elles regagnent leur lieu
de repos.
Le
jour de leur départ correspond souvent à une journée ensoleillée
générant des courants thermiques ascendants qu'elles utilisent pour s'élever en
large cercles concentriques avant de quitter le site. Le passage des grues
trompetant à basse altitude est un spectacle spécifique à cette espèce. La
digue ouest du lac, à proximité du Port de Chantecoq, est le site idéal
d'observation (sur 1800 mètres). Dans les pâturages, une paire de jumelles sont
nécessaires. Au printemps, leurs danses nuptiales sont empreintes de grâce et
majesté. A quelques dizaines, leur structure de vol ressemble à un J, en
dessous de cent individus, à un V, au dessus de cent cinquante, à des W."
Pour suivre au jour
le jour les migrations des grues cendrées sur le web : C'EST ICI.