
Je suis donc allée lundi 14 novembre 2005 à un petit-déj du côté des Halles, dans ce décor original (plein de chiens) du café brasserie le Chien qui fume. Ce petit déjeuner organisé par l'AJSPI (Association des Journalistes Scientifiques de la Presse d'Information) portait sur l’intérêt des plantes-médicaments dites PGM ou OGM : Plantes ou Organismes Génétiquement modifié(e)s. Kesaco ? En très gros, il s'agit de plantes telles que maïs ou tabac dont on tripatouille les gènes : j’en prends un, je le déplace, je le supprime ou j’en mets un autre à sa place... d'une autre espèce végétale ou animale. Pourquoi faire ? Pour produire des médicaments qui devraient normalement permettre de guérir des maladies aussi graves que le cancer ou la mucoviscidose. Je dis normalement, parce qu’il y a un gros hic. Il y a ceux qui sont très pour et ceux qui sont carrément contre. Autour de la table, en dehors des journalistes qui s’étaient déplacés : côté pour, il y avait Alain Tissier, de la Société Librophyt (site bientôt en ligne) qui a annoncé que vu les risques d'arrachage en France, il préférait aller planter ses choux ou plutôt son tabac dans un autre pays ; côté contre, on avait Christian Velot de d’Institut de génétique et microbiologie du Centre Scientifique d’Orsay qui en entendant ça- a carrément fait un bon au plafond en lui demandant (sans l’obtenir) le nom du pays en question. On a ensuite discuté des autres solutions, non OGM, comme les PAT ou Plantes à traire mises au point par l’Inra.
Pour ou contre ? Je ne sais pas... on ne peut pas trancher comme ça, direct, sur des questions aussi délicates et pointues. D’autant que les principaux invités concernés, la Société Meristem Therapeutics, dont les cultures de maïs expérimentales ont été arrachées, ne s’étaient pas déplacés. Je suppose qu’ils l’ont fait, lors du procès contre les faucheurs volontaires, condamnés à leur payer de lourds dommages et intérêts. Du coup, M. Tissier, seul sur sa chaise faisait presque figure de héros : lui qui a osé dire franchement qu’une société privée à visée thérapeutique a aussi des objectifs économiques à remplir... et que les risques pour l’environnement, c’est autre chose. Moi ce qui me gêne, dans tout ça, c’est le sans-gêne des gens qu’on invite à sa table et qui ne viennent pas... On ne peut s’empêcher de se poser la question : pourquoi ?